Handiaction 2012 : TIC et musique au service des handicapés du Bénin

Copyright. – TEBQ, 229 efficience

Un concert …

Le vendredi 21 décembre 2012, à partir de 21h, à l’Espace Tchif de Cotonou, se tiendra un concert caritatif en faveur du centre pour handicapés Bethesda de Lokossa (Bénin). De nombreux artistes de la place tels que Gael, Gyovanni, Diamant Noir, Blaaz, Sessimè, Dibi Dobo etc … viendront faire vibrer leurs voix à l’unisson pour une cause commune : la lutte contre le Handicap. L’ensemble des fonds et dons en nature collectés dans le cadre de ce concert, seront reversés au centre Bethesda. Créé le 03 janvier 1988, ce centre est spécialisé dans les soins, la rééducation fonctionnelle et la réinsertion des personnes handicapées, majoritairement des enfants.

Des organisateurs …

Le concert Handiaction 2012 est un  évènement spécial, qui s’intègre dans l’esprit de noël : partage, solidarité, dons, enfants. C’est un évènement particulier aussi, du fait de ses organisateurs. Trois en l’occurrence : l’ONG 229 Efficience, le groupe TEBQ et Afropop. Si ce dernier est un grand label de musiques urbaines africaines comptant dans son écurie des artistes comme Jay-Killah, Duce, Cilia et  Nova, pour ne citer que ceux là, les deux premiers ont une origine plus singulière : le web.

En effet, le groupe TEBQ ne se réfère pas à une multinationale ou à un groupe de musique. C’est plutôt le groupe Facebook « Tu es Béninois quand (TEBQ)« . Un groupe mis en place par de jeunes béninois il y a environ deux ans. Au départ, il s’agissait pour ses membres de partager des anecdotes authentiques et propres au pays, d’où le titre « Tu es Béninois quand ». Ce creuset virtuel s’est avéré au fil du temps, un excellent moyen de divertissement. L’humour y circule, en bas ou en haut de la ceinture, sans façon. Le français qui y est parlé est volontairement tropicalisé avec l’emploi de mots typiquement africains comme le très célèbre « nkoun » (un juron). Certains jours de la semaine sont réservés à une activité particulière. Ainsi, le lundi, un sujet de réflexion, est soumis à la communauté des membres. Le mercredi, c’est la journée des faits divers, le vendredi celle des conseils. Un membre pose un problème et les autres lui proposent des solutions. Enfin, le dimanche, c’est le jour  des dédicaces et chaque membre peut dédier des chansons aux personnes de son choix. Ne se contentant plus uniquement de son statut virtuel, TEBQ a eu à organiser diverses sorties et retrouvailles, piques – niques, journées sportives etc.

Est- il nécessaire de préciser que ce groupe est l’un des plus populaires du Facebook béninois ? Il compte actuellement plus de 10 680 membres. Il est administré par : Choupa Choups, Maxima Houangbe, Jerry Aguiar, Ophélia Amoussou, Jc-Aho, Tonio Ctn, Adi Marily, Gé Ér, Guy-marino Hinnouho, Kouboura de Yessoufou, Al Codovski, Romel Hazoume et Pam Arie.

Dans la foulée des actions organisées par TEBQ en dehors du cadre virtuel, et avec l’élan propre à la génération consciente de jeunes béninois qui veulent participer à changer le monde, il a été ressenti le besoin, au sein du groupe, de travailler de manière efficiente à réduire les maux des populations du pays à travers diverses actions caritatives. Un creuset un peu plus formel a donc été mis en place pour ces actions. Ainsi est née, à l’initiative de certains membres de TEBQ en décembre 2011, l’ONG à but non lucratif 229-Efficience (229 pour l’indicatif pays du Bénin). Cette dernière intervient dans le domaine de l’enfance et de l’amélioration des conditions de vie des populations béninoises. Depuis juillet 2012, l’ONG est légalement enregistrée sous le numéro 2012/0363/DEP-ATL-LITT/SG/SAG-ASSOC. Elle a déjà organisé plusieurs séances de dons aux orphelinats ou autres personnes nécessiteuses. Après divers brainstorming virtuels, le concert handiaction 2012 a été retenu comme l’action caritative la plus appropriée pour cette fin d’année.

Un engagement citoyen …

Avec ce concert, nous est offert l’occasion d’accompagner la lutte contre l’exclusion sociale, de lutter contre la fatalité en donnant les moyens aux handicapés de réussir leur vie. Et tout ceci en nous amusant. Une façon de joindre l’utile à l’agréable. C’est une action noble, un vrai exemple de ce que les citoyens peuvent faire pour réduire la douleur et la pauvreté, offrir à notre monde un  meilleur visage. Celui de l’amour et du partage.

Alors, n’hésitez pas. Donnez, partagez. Que vous soyez du Bénin ou d’ailleurs. Tous les dons sont acceptés, en nature (riz, maïs, sucre, lait, huile, vêtements, jouets, livres pour enfants) ou en espèces.

Handiaction 2012 : quand les TIC se mettent au service du développement.

Alors : GoingMay be – or Decline ? Moi, j’y serai. Et vous, y serez-vous ?

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Contacts des organisateurs :

Hotline dons en espèces : +229 95 94 24 17
Hotline dons en nature : +229 95 94 24 17
Hotline ticket de concert : +229 96709292 / +22995959292

Compte de l’ONG 229-EFFICIENCE BanK Of Africa –
Code banque: BJ 061-
Code guichet: 01001-
Numéro de compte: 01932520001-
Clé RIB: 13
IBAN: BJ 66 BJ06 1010 0100 1932 5200 0113
SWIFT: AFRIBJBJ

Halte au tabac !

Pour une fois, le décor de mon post ne sera pas planté dans mon pays d’origine, le Bénin. Je prends mes chaussures et mon sac d’aventurière, et je m’en vais visiter  la magnificence et la beauté d’un pays aux cultures diversifiés : le Cameroun. Je voudrais remercier Emilien Mvondo, qui a accepté m’accorder un peu de son temps pour me parler de son pays et de ses particularités.

Cette histoire est  tirée de faits authentiques. La personne qui me l’a racontée a accepté que je l’écrive avec mes mots, que je la retouche un peu, que je la publie pour qu’elle serve d’outil de sensibilisation à la jeunesse si friande des produits du tabac. Cette personne accepte que je vous livre ainsi un pan de sa vie, mais refuse de se dévoiler totalement. Elle requiert l’anonymat. Je respecte cela.

Elle …

Elle avait la beauté, la finesse des filles Sawa, la belle taille des filles de Baffia, la vigueur et le dynamisme des Eton, la sincérité des anglophones du nord – ouest, le style british (classe et chic) des anglophones du sud – ouest, l’éclat de peau et la richesse des Bamiléké, l’ondulation et la longueur des cheveux des arabes Suwa, le derrière plein de promesses des filles Bamoun. Elle était à elle seule, le Cameroun en entier, elle respirait mon pays jusque dans ses moindres gestes. Elle aimait la musique, la vie. Elle pouvait se montrer possessive et jalouse mais aussi attentionnée et prête à répondre à mes mille caprices. Elle pouvait me cuisiner les plats du nord, du sud, de l’est et de l’ouest, je n’avais qu’à demander.  Le Ero, le Ndolè, le poisson braisé, le kpem, le sanga, le Njapchè et diverses autres superbes sauces Haoussa faisaient partis de mon quotidien. J’en mangeais, en veux tu en voila, et plus j’en mangeais, plus j’en réclamais. Le bonheur, pouvait – il avoir un autre nom que Samiath ? C’est celui qu’elle portait. Et pour moi, Samiath était tout. Elle m’adorait et je l’adorais.

Dolce Vita …

Quand je la vis passer la première fois devant le petit bar de quartier où je traînais avec quelques amis, mon cœur s’arrêta de battre une seconde puis se mit à cogner de manière saccadée. De ce jour, je ne me donnai pas de répit et mis tout en œuvre pour la conquérir. Comble du bonheur, elle voulut de moi autant que je voulus d’elle.  Après plusieurs mois de farniente, de Dolce Vita, ce qui devait arriver arriva. Ma douce et moi nous mariâmes, emménageâmes ensemble et … en principe, les histoires de ce genre finissent par la phrase sacrée « nous eûmes beaucoup d’enfants » …. Léger bémol s’il en fallut, dans mon histoire à moi. Bien sûr, très vite, le ventre de ma douce s’arrondit. Elle rayonnait de beauté, et l’attente de notre bébé nous mettait dans un état de béatitude que rien n’aurait dû venir distraire.

Bémol …

Il y avait cependant un petit hic à notre conte de fée. Samiath avait une allergie. Elle ne supportait pas la fumée de la cigarette ou du tabac. Il était impossible de fumer dans son environnement immédiat. Ceci n’aurait pas constitué un problème, si je n’avais été la locomotive que je suis. Le tabac et moi, étions devenus inséparables depuis mes années universitaires, où, étudiant en droit, je me suis laissé entraîner par mes amis dont le style de vie m’impressionnait. Ils semblaient si « in » dans leurs jeans derniers cris, leurs chemises griffées et leurs cigarettes à la main. Du jour où j’ai commencé, je n’ai plus su comment arrêter. Mais pour Samiath, je décidai d’arrêter. Et j’y suis arrivé. Enfin, j’y étais arrivé jusqu’à cette affreuse nuit du 12 avril 2011, où, je sortis participer au pot d’au revoir d’un collègue et ami qui repartait chez lui, à Madagascar, après avoir passé 5 années dans mon pays. Samiath, dont la grossesse était très avancée, ne voulut pas m’accompagner. Je comprenais, j’approuvais même sa décision. Ah, si elle avait été là… Elle m’aurait empêché de fumer, de replonger. Sa seule présence à mes côtés aurait suffit à m’en dissuader. Mais elle n’était pas là. Et je fumai, une, deux, quatre, dix cigarettes. Je fumai à la déraison. Un moment de débauche, me dis-je, à ne pas répéter … à ne pas répéter souvent… Je revins à la maison, penaud, me couchai dans le canapé du salon pour ne pas la réveiller mais surtout pour qu’elle ne sente pas mon haleine et mes habits pleins de fumée. Mais c’était peine perdue. Au beau milieu de la nuit, elle se mit à tousser, tousser, fort, fort, de plus en plus fort au point de s’étrangler, au point de me faire paniquer totalement. En catastrophe, j’emmenai ma femme à l’hôpital. Le meilleur, le plus proche aussi. Les docteurs firent tout ce qu’ils purent, la vie quittait ma belle aussi vite que l’eau coule d’un seau percé. Je la vis partir ainsi, sous mes yeux, stoïque. Elle ne me fit aucun reproche, se tourna vers moi quand c’était la fin et me fit un dernier sourire.

Le tabac tue …

C’est ainsi qu’en cette nuit du 12 au 13 avril 2011, je perdis ma femme. Le bébé ? Sauvé de justesse, par césarienne. Mon âme ? A jamais disséquée, laminée, torturée par le chagrin et le remords. Non, ce n’est pas un jeu, le tabac tue vraiment et sa fumée aussi. Je le sais. J’en ressens les effets, tous les jours de ma chienne de vie …

Go ahead, Mr President!

Crédit photo : Scott Olson/AFP

3 heures du matin, ce mercredi 07 novembre 2012 ici à Cotonou. Je suis réveillée par le raffut de la radio du voisin qui grésille et tente tant bien que mal de retransmettre un programme spécial sur les élections américaines. Il s’agit d’annoncer en direct la victoire ou non de Barack Obama. Je me réveille et tends l’oreille. Le commentateur semble sûr de lui. Barack Obama, rempile à la tête des USA. Ouf, Dieu soit loué. Malheureusement, j’ai du mal à me rendormir et reste éveillée pour le reste de la nuit.

Le matin toute ensommeillée, alors que je me rends à une réunion dans l’un des nombreux ministères de mon pays, j’entends plus fort encore que cette nuit, le bruit d’une auto-radio qui hurle des informations au sujet de … la victoire de Barack Obama (on l’aurait parié…). Je me retourne, pour voir d’où vient ce tintamarre quand mes oreilles irritées en captent un autre. Vrouummm, c’est une moto qui arrive à toute allure. Elle ralenti au niveau de la voiture pollueuse de mon environnement sonore et crie : « Il a gagné ? ». « Oui, oui, il a gagné » lui répond-on sur le même ton. Le conducteur de la moto se met à klaxonner non stop et s’en va tout heureux. Le chauffeur y ajoute du sien, quelques coups de klaxon… Pim, Pim, Pim, Yeah!

OK, c’est général …

J’arrive enfin au ministère où j’ai ma rencontre. Bien évidemment, on me fait attendre dans le couloir, et oh, si cela peut vous consoler, je ne suis pas seule dans le cas. Il y a tout autour de moi plusieurs « grand quelqu’un » assis ça et là, ou debout en petits groupes… Et j’entends soudain, là aussi, à l’autre bout du couloir : « Moi je souhaitais de tout coeur qu’il gagne, mais les derniers sondages m’ont fait peur ! » Et encore : » Le Romney là, il n’avait aucune chance devant Barack, moi je te le dis ». C’est donc tout naturellement que je me fais à l’idée que je mangerai de la soupe à la Barack tout le long de la journée. Yeah!

La déferlante …

Sans surprise, après la réunion et de retour à mon bureau, j’accède à mon profil Facebook, et accueille la déferlante … « Congratulations, Mr. President » écrit l’une. « Barack Obama vainqueur des élections présidentielles américaines, et après ? » se demande l’autre. « Réélection de Barack Obama aux élections présidentielles, qu’est ce que cela va changer pour l’Afrique ? » se questionne encore un autre. « Barack réélu. Qu’est ce que ça change pour le Mali? », s’interroge quelqu’un. Et, cerise sur le gâteau, un post d’une amie d’enfance (devenue journaliste entre-temps et spécialement envoyée aux Etats – Unis pour suivre le déroulement du scrutin). Heure d’ envoi du post, 5 h 44 : »C’est drôle. Je suis dans une rédaction, ils sont conservateurs donc pas contents…. j’ai juste envie de danser et je peux pas!!!!! ». Yeah !

Ok. Là, tel que c’est parti, je sens que je vais carrément manger de la soupe à la Barack pendant un mois au moins… Dans ce cas, autant faire contre mauvaise fortune bon cœur. Autant me joindre à la liesse populaire et accepter de dévoiler une petite partie de moi en disant ce que je pense effectivement de Barack Obama. Autant profiter de ce moment et laisser éclater ma joie de le voir remporter ces élections. Alors, je décide de me jeter à l’eau. Vous permettez ?

Pour moi, Obama c’est …

Pour moi, Obama, incarne un symbole. Le symbole de la réussite, la vraie, où la vie de famille est au centre de tout, une vie de famille si belle et si vraie, des sentiments authentiques dans un monde si cruel. Il est pour moi, le symbole de la persévérance dans le travail, de l’impact de la foi en soi. Il est la preuve que les enfants issus de familles monoparentales, ne sont pas des personnes perdues d’avance, à l’avenir à jamais bafoué par l’absence d’un père. Il est pour moi le symbole, la preuve que tout est possible à celui qui croit. Yes we can. Non, je n’ai pas apprécié toutes les décisions qu’il a prises au cours de son premier mandat. Mais j’en ai apprécié la plupart. Ça me va.

Je fais également miens les propos d’un de mes mentors qui a dit un jour au sujet d’Obama : « Peu m’importe ce qu’il fera à la tête de son pays, ce qu’il fera ou ne fera pas pour l’Afrique, moi je suis heureux qu’il soit élu Président des Etats-Unis d’Amérique. Parce que pour moi, ce qu’il devait faire pour l’Afrique, il l’a déjà fait en se faisant élire.  Il donne à nos enfants un modèle vivant de réussite par le travail. Il fait voir à nos petits que, peu importe la couleur de ta peau, tu peux atteindre les sommets si tu le désires vraiment et si tu y travailles. Il élève les standards des rêves des générations à venir ». Oui, Barack Obama, nous fait rêver. Et nous ne pouvons que l’en remercier.

So, congratulations Mr. President. Thank you, and just go ahead!